Aimé Césaire (1913-2008)
Poète et Homme politique français
Aimé Cesaire est né à Basse Pointe en Martinique le 26 juin 1913. Son père était instituteur et sa mère couturière. Ils étaient 6 frères et sœurs. Son père disait de lui: "quand Aimé parle, la grammaire française sourit.."Après avoir obtenu son baccalauréat et le "Prix de l'élève le plus méritant", il obtient une bourse et arrive à Paris en 1931 pour poursuivre ses études, qui le conduiront du Lycée Louis le Grand à l'École Normale Supérieure. En 1934, il fonde la revue l'Étudiant Noir avec Senghor, Damas, Sainville et Maugée.
C'est dans les pages de cette revue qu'apparaîtra pour la première fois le terme de « négritude ».
Ce concept forgé par Aimé Césaire est en réaction à l'oppression culturelle du système colonial français.
Construit contre l'idéologie française coloniale de l'époque, le projet de la Négritude est plus culturel que politique. Il s'agit, au-delà d'une vision partisane et raciale du monde, d'un humanisme actif et concret, à destination de tous les opprimés de la planète. Césaire déclare en effet : « Je suis de la race de ceux qu'on opprime ».Épousant en 1937 une étudiante martiniquaise, Suzanne Roussi, Aimé Césaire, agrégé de lettres, rentre en Martinique en 1939, pour enseigner, tout comme son épouse, au lycée Schoelcher de Fort de France.
La situation martiniquaise à la fin des années 30 est celle d'un pays en proie à une aliénation culturelle profonde. C'est en réaction contre cette situation que le couple Césaire, épaulé par d'autres intellectuels martiniquais comme René Ménil, Georges Gratiant et Aristide Maugée, fonde en 1941 la revue Tropiques.
Le conflit mondial marque également le passage en Martinique du poète surréaliste André Breton.
Breton découvre la poésie de Césaire à travers "le Cahier d'un retour au pays natal" et le rencontre en 1941.En 1945, Aimé Césaire, coopté par les élites communistes qui voient en lui le symbole d'un renouveau, est élu Maire de Fort de France. Dans la foulée, il est également élu Député, mandat qu'il conservera sans interruption jusqu'en 1993.
Aimé Césaire quitte le PC en 1956, pour fonder deux ans plus tard le Parti progressiste martiniquais, PPM, au sein duquel il va revendiquer l'autonomie de la Martinique.Césaire restera Maire de Fort de France jusqu'en 2001.
Aimé Césaire, décédé en 2008, reste un personnage incontournable de l'histoire martiniquaise.
• Son parcours politique :
- de 1945 à 2001 : Maire de Fort de France
- de 1945 à 1993: Député de la Martinique
- de 1983 à1986 : Président du Conseil régional de la Martinique
- de 1945 à 1949 et de 1955 à1970 : Conseiller Général de Fort de France• La reconnaissance de la France :
- son "discours du colonialisme" fut pour la première fois au programme du baccalauréat français en 1998,
- l'Aéroport de Fort de France a été rebaptisé en janvier 2007 "Aéroport Martinique-Aimé Césaire"• Les Œuvres d'Aimé Césaire :
Cahier d'un retour au pays natal, 1939, 1947, 1956
Les armes miraculeuses, poèmes, Gallimard, 1946
Soleil cou coupé, poèmes, Éditions K, 1948
Corps perdu, poèmes (illustrations de Picasso), Éditions Fragrance, 1949
Discours sur le colonialisme, Présence africaine, 1955
Lettre à Maurice Thorez, Présence africaine,1956
Et les chiens se taisaient, version théâtrale, Présence africaine, 1956
Ferrements, poèmes, Éditions du Seuil, 1960
Cadastre, poèmes, Éditions du Seuil, 1961
Toussaint Louverture, étude historique, Présence africaine, 1962
La tragédie du Roi Christophe, théâtre, présence africaine, 1963
Une saison au Congo, théâtre, Éditions du Seuil, 1967
Une tempête, théâtre, Éditions du Seuil, 1969
Œuvres complètes, poésie, théâtre, essais, Éditions Désormeaux, 1976
Moi, laminaire..., poèmes, Éditions du Seuil, 1982• Aimé Césaire et le surréalisme
Ami de André Breton, Aimé Césaire fut fortement influencé par le surréalisme.
Chantre de la négritude, il cherche à se dégager de la culture occidentale pour retrouver son identité initiale et par là celle de l'africain exilé.
« Aimé Césaire est un noir qui est non seulement un noir ; mais tout l'homme, qui en exprime toutes les interrogations, toutes les angoisses, tous les espoirs et toutes les extases, et qui s'imposera de plus en plus à moi comme le prototype de la dignité ». André Breton• Extrait du « Cahier d'un retour au pays natal » de Aimé Césaire
« Et nous sommes debout maintenant, mon pays et moi, les cheveux dans
le vent, ma main petite maintenant dans son poing énorme et la force n'est
pas en nous, mais au-dessus de nous, dans une voix qui vrille la nuit et
l'audience comme la pénétrance d'une guêpe apocalyptique.
Et la voix prononce que l'Europe nous a pendant des siècles gavés de mensonges
et gonflés de pestilences, car il n'est point vrai que l'œuvre de
l'homme est finie que n'avons rien à faire au monde que nous parasitons
le monde qu'il suffit que nous nous mettions au pas du monde mais l'œuvre
de l'homme vient seulement de commencer et il reste à l'homme à
conquérir toute interdiction immobilisée aux coins de sa ferveur et aucune
race ne possède le monopole de la beauté, de l'intelligence, de la force et
il est place pour tous au rendez-vous de la conquête et nous savons maintenant
que le soleil tourne autour de notre terre éclairant la parcelle qu'a
fixée notre volonté seule et que toute étoile chute de ciel en terre à notre
commandement sans limite. »



Poète et Homme politique français