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Petite promenade historique au coeur d'Auzeville 

Tout d’abord, évoquons les origines du mot «Auzeville».
D’ou vient ce nom ?
Peut-être faudrait-il remonter à l’occupation romaine : ce pourrait être « Villa d’Auzius », mais nous ne trouvons (au sol ou par avion ) aucune trace d’une maison romaine avec ses jardins, ses portiques, ses bassins.
D’autres proposent « Villa d’Aldo » Aldo étant un wisigoth du cinquième siècle ; rien ne vient étayer cette idée.
Est-ce « Ville des Eaux » ? Pourtant il n’y a guère de sources ou de ruisseaux dans nos coteaux.
« Villa des Osiers » est une autre suggestion. En effet, les osiers poussent volontiers sur nos terres, mais autrefois on les appelait « bins ».

La meilleure explication nous ramène à l’époque romaine. Autour de « Tolosa » plusieurs villages, Auzielle, Auzil, Auzeville, situés de part et d’autre de la Via Romana, étaient probablement les garnisons des « auxiliaires » protégeant l’accès à Tolosa.

 

 

Pour notre promenade dans Auzeville, partons de la « Mairie Vieille ».

mairie vieilleC’est un bâtiment de briques dont la partie droite servait aux délibérations du conseil municipal.
Contre ce bâtiment on construisit une salle de classe et un logement pour le maître d’école : filles et garçons de la classe unique jouaient sous le préau couvert.

 

 

 


Rejoignons la rue principale et le quartier du Clapier ; voici la « Maison des Têtes ».

les têtes Le bâtiment est actuellement en forme de U. Le corps central, le plus ancien, remonte à la Renaissance : nous trouvons des fenêtres à meneaux sur la façade arrière. Les deux tours carrées, de part et d’autre, ont été construites plus tard puis rattachées au bâtiment principal.
On raconte que, lors d’une partie de chasse, le Roi Henri IV s’y arrêta pour se rafraîchir.

Après la chute de Napoléon, un officier anglais acheta la maison; il fit rénover la façade et lui donna son caractère original : quatre têtes en terre cuite furent placées dans des niches à la partie supérieure ; trois d’entre elles seraient des têtes de Reines d’Angleterre. La statue, au dessus de la porte pourrait être la Muse Uranie.
Les têtes proviendraient de l'architecte briquetier toulousain Virebent.

 

Remontons vers les coteaux, laissons sur notre droite le Chemin de Madame pour rejoindre «Castel Marly»

01C’est la plus ancienne résidence occupée par les seigneurs d’Auzeville.
Nous savons que, dès 1615, un certain Jean de Queyratz eut à Auzeville une maison à quatre tours, bâtie en pierres et en briques. Il venait de Montpellier, nommé par Henri IV, pour occuper la chaire de chirurgie à l’Université de Toulouse ; mais les docteurs de Toulouse ne voulurent pas accepter cet étranger qui enseignait une discipline nouvelle. C’est seulement en 1610 qu’il put occuper cette chaire.
Quand il mourut en 1660 son fils Jacques devint «seigneur d’Auzeville». Il est connu comme «Capitoul»
Puis Jean-Jacques de Queyratz, né en 1653, devint seigneur d’Auzeville ; mais, attiré par le métier des armes dès l’age de quinze ans, il partit batailler en  de nombreuses campagnes sur le Rhin, en Hollande et partout en Europe. En Flandre, il commande St Frémond et participe à l’héroïque défense de Namur et épouse Catherine de Limbrock.
La jeune flamande vint vivre à Auzeville mais comme son mari était toujours parti pour la guerre, elle s’ennuyait dans son château ; elle allait quelquefois visiter sa nièce en empruntant le «Chemin de Madame». Certains se mirent à jaser disant : elle est jeune … les jours sont longs … c’est ainsi que de vilaines rumeurs se répandirent.
A la mort de son mari, comme veuve d’un commandant en chef, elle eut droit à une escorte de quinze gardes : quand elle sortait, ils faisaient une haie d’honneur, fusil à l’épaule, mais sans batterie de tambours .
Catherine mourut à Auzeville à soixante douze ans; elle fut enterrée, le11 Novembre 1680 en l’église St Séverin. Si vous entrez dans l’église, construite en 1680, pensez que sous son pavement reposent Catherine et son mari.
Après Catherine, «Castel Marly» revint à sa nièce. Son mari, Henri Robin,vicomte de Villemur, comte de Pailhàs, seigneur de Samazan, Auzeville et autres lieux, aimait beaucoup cet endroit et le décrivit avec passion  «cet endroit dont je suis le seigneur, est le plus agréable ; il y a des champs des bois des prairies et des jardins. Une vigne produit un vin digne des meilleures tables ; il y a aussi des merisiers, beaucoup d’arbres fruitiers, et un vivier à poissons.

05Le château est solidement bâti avec une chapelle, une cour d’honneur, un pont de briques et un pigeonnier. Flanqué de 4 tours, dont 2 sont construites à la fin du XVIIème siècle. Il possède des fenêtres calquées sur celles d'Azay le Rideau, et une porte de style gothique flamboyant, qui laisse supposer qu'une construction existait déjà au XIVème siècle.
Lors des travaux, on a découvert les vestiges d'une chapelle, appartenant peut-être à un monastère accueillant des pèlerins sur le chemin de St Jacques de Compostelle.

 

 

Près de «Castel Marly» voici le «Château des Frères Tailleurs ».

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Construit à l'époque troublée des guerres de religion, c’est un cube massif décoré d’une tour, témoin des anciennes maisons fortes. Les quatre façades sont différentes : les ouvertures variées montrent l’histoire architecturale du château. Au niveau inférieur, il y a seulement deux pièces : l’une est la salle d’honneur enrichie d’une rare et vaste cheminée, très belle et originale par sa décoration en briques de différentes couleurs.

Les confréries existent dès le moyen-âge, ce sont des associations de gens exerçant la même profession, des tailleurs de draps pour la notre. Relativement riche , cette communauté acquiert en 1730 le château qui porte leur nom. Ils resteront là jusqu'à la révolution française. A la révolution, la suppression des confréries entraine leur départ et la vente du château comme bien national.

Le château est classé à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques.

 

Descendons maintenant, par le chemin de la Mayrine, vers notre point de départ.
A travers les arbres, nous apercevons l’église.
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Que savons-nous des églises d’Auzeville ?
Selon la tradition, il y eut plusieurs églises et chapelles. Nous avons déjà évoqué le monastère et sa chapelle près de Castel Marly, construite au onzième siècle, ou les pèlerins pouvaient se reposer. Dans le talus de la route, on peut voir des ossements, peut-être ceux de quelques voyageurs vers St Jacques de Compostelle.
Aujourd'hui, il ne reste que l’église St Séverin qui aurait été construite à la fin du XVIème siècle. Les gens d’Auzeville voulurent avoir la plus grande, la plus belle mais aussi la moins chère. Aussi, participèrent-ils à sa construction ; après leur travail, ils transportaient des briques depuis la briqueterie de Borde Rouge. Ils étaient très fiers de leur travail et disaient : «Dans les murs de mon église il y a des briques que j’ai portées de mes mains !»
Que peut on voir à l’intérieur ?
Des fonds baptismaux, datant de 1584, sur un fût de colonne romane décoré de têtes. Au dessus, dans une niche incurvée, on a placé une tête médiévale.
En 1865, le plafond menaçait de s’effondrer mais prêtre, paroissiens conseillers municipaux avaient beaucoup de sujets de discorde (toit de l’église, place du presbytère) et rien ne fut fait. L’église avait toujours un plafond plat et défectueux.

A la longue, on décida de rehausser les murs et de construire une voûte. Ainsi, laissa t-on de hautes ouvertures dans les murs. Une mère dévote offrit deux vitraux l’un avec Saint-Jean, l’autre avec Saint-Laurent du nom de ses deux jeunes fils morts.
Plus tard, on put ériger une croix et acheter d’autres vitraux.
Une noble paroissienne, Olympe de Marmiesse, offrit un tableau; mais on raconte que Olympe, en terminant son œuvre, tournait autour du chevalet en bougonnant :
« Quel dommage d’avoir pris tant de peine pour ces paysans. Ils ne comprennent rien ! »
Est-ce pure maladresse ou justice divine ?
Elle heurta le chevalet, le tableau lui tomba sur le pied, et elle resta boiteuse toute sa vie !

 

 

Un peu plus loin, caché dans les arbres, il y a le château de la Durante.

    
duranteConstruit par Antoine LABIT sur un domaine de 10 hectares , sur la commune d'Auzeville , le château est terminé en 1880.

Antoine LABIT , créateur à Toulouse de l'équivalent du Bon Marché à Paris (place Jean Jaurès en face le donjon du Capitole) était le père de Georges LABIT, explorateur et orientaliste toulousain connu, à qui l'on doit une collection sur les arts de l'extrême orient , regroupés dans le musée LABIT , rue du Japon, donation de la famille à la Ville de Toulouse.

C'était un château de proportions massives, un perron monumental, une façade d'une blancheur éclatante , un immense toit d'ardoise sur lequel apparaissaient 7 fenêtres mansardées. A l'intérieur il possédait un Théâtre comme la mode le voulait. On trouve de nombreux exemples de ce type de construction du XIXème siècle dans notre région.

La propriété de la Durante était connue pour ses asperges et le vin d'apéritif appelé "le Coup de l'Etrier".14

A la fin de la guerre de 39-45 un avion allemand s'abattit sur le château, y mettant le feu.
Le Château fut reconstruit avec une grande toiture en chapeau pointu que nous voyons maintenant. Les Chais , rachetés par la Commune ont été transformé en Salle polyvalente municipale. Le parc autour du Chai dans lequel il y a très peu d'arbres de haute futaie était autrefois un verger et un vignoble. la plupart des arbres ont poussés naturellement depuis 50 ans et n'ont pas de valeur.

Découverte des arbres du bois de la Durante

 

 

 

Remontons vers le centre du village, nous sommes devant la Maison Des Têtes, et nous voyons de l'autre côté de la rue "La Vigne de Jean Balarot" Voici l'historique de cette vigne .

vigne Quand on consulte le cadastre napoléonien de 1808, on est sidéré par l’importance des vignes dans notre commune. Elles sont disséminées en différents lieux, avec une forte concentration sur les coteaux. La superficie recensée est de 62 hectares ; en 1885, ce sont 85 hectares, soit plus d’1/8ème de la surface totale du village. Terrains propices, ensoleillement maximum, peuvent expliquer cette abondance de vignes. Vin léger de 8 à 10 degrés, il constituait la principale boisson familiale. Deux siècles plus tard, toutes ces vignes ont disparu. Comment cette vigne a pu être préservée, d’une part par son propriétaire Jean Balarot qui adorait son jardin et sa vigne, d’autre part par les P.O.S. devenus P.L.U. qui ont classé cet espace à préserver, donc inconstructible.

vigne Cet emplacement faisait partie, et ceci jusqu’au début du XIXème siècle du Pré Communal, bien appartenant à la Commune. Celui-ci occupait toute la partie centrale du village ancien. Il était divisé en 18 lots, chacun alloué à un habitant qui l’exploitait. En majorité, c’était ceux qui avaient leur maison en face. Au milieu du Pré Communal était la Chapelle du Pré appelée aussi de Bon Secours. Démolie, furent érigés à sa place école, préau, logement de l’enseignant, Mairie Vieille. Le Conseil municipal décida de vendre le Pré Communal par Adjudication qui eut lieu le 18 octobre 1813. Quelques années plus tard l’aïeul de Jean Balarot acquit 2 lots situés en face de son domicile. En quelle année fut plantée la vigne ? Cela serait l’œuvre de son grand-père, donc aux environs de 1900. Certains ceps pourraient être centenaires. Jean Balarot fut aidé dans les travaux de la vigne par un certain nombre de voisins et amis, jusqu’à son décès en Mars 2011. La vigne ne fut plus entretenue, les herbes l’envahirent, et c’était un spectacle pitoyable que cette friche au centre du village !
Le Conseil Municipal prit la décision d’acheter la vigne et de la conserver. Mais qui pourrait la travailler ? Parmi les divers organismes du Complexe Agricole, seul l’ENSAT se déclara intéressé pour un partenariat avec la Commune. Son but est de fournir un outil d’étude et d’expérience pour les étudiants futurs viticulteurs et œnologues. Arrachage des ceps, des piquets et fils de fer, puis labourage, ensemencement par du trèfle ou de la luzerne afin de faire reposer la terre pendant un ou deux ans. Etudes des sols, choix des cépages adaptés au terroir par les enseignants et les étudiants de l’ENSAT.

vigne La vigne a été replantée mercredi 19 novembre 2014 avec un cépage : du Plantet noir (synonyme : 5455 Seibel) Cépage Plantet noir (synonyme : 5455 Seibel) Hybride interspécifique (Vitis vinifera-Vitis berlandieri*), raisin de cuve noir, obtenu par Albert Seibel (né à Aubenas en 1844, mort en 1936). Ce cépage fait partie de la liste des cépages hybrides encore autorisés aujourd’hui (liste A1 du catalogue officiel). Il a un débourrement tardif, ce qui le rend assez résistant aux gelées tardives*. Il est très résistant aux maladies fongiques de la vigne, comme le mildiou et l’oïdium, rendant sa conduite en viticulture biologique aisée, et limitant très fortement le besoin de traitement. Il est un peu sensible aux vents forts*, nécessitant un palissage (conduite sur fils). Il produit un vin assez fruité, saveur framboisée*, parfois surprenante mais très appréciée en vin primeur. Les viticulteurs, à l’heure actuelle, sont très attirés par l’utilisation de ce type de cépages résistants aux maladies et de nombreuses études en cours laissent augurer une ré-implantation de tels cépages en Europe dans les années à venir. vigne vigne vigne vigne











Christian Chervin (INP-ENSAT) *extraits du « Dictionnaire encyclopédique des cépages » de Pierre Galet, éditions Hachette.

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